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Dédiée aux PME, Isodev accroît sa puissance de feu

La société créée par Philippe Dupont intervient avec des prêts participatifs en complément des établissements financiers.

 

Les affaires d’Isodev vont bon train. Lancée il y a un an, son activité de prêts participatifs aux PME et TPE s’impose dans le paysage nouveau de la désintermédiation.

« Avec 5.000 demandes et 1.000 dossiers signés, au bénéfice de PME et de professionnels, nous estimons que notre produit a trouvé sa place auprès des TPE et PME, où il existe un vrai besoin de quasi-fonds propres », indique Philippe Dupont, président et fondateur de la start-up.

L’entreprise couvre un segment de marché – les entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires allant jusqu’à 15 millions d’euros – que les banques hésitent à financer.

Le produit est particulièrement adapté aux problématiques des TPE et PME qui manquent de fonds propres pour financer leurs investissements, même si la conjoncture pèse sur le nombre de projets.

Isodev vient de financer à hauteur de 80.000 euros La Bonne Etape, un relais et châteaux quatre étoiles, dans les Alpes-de-Haute-Provence. L’hôtel va pouvoir réaliser les multiples menus travaux de rénovation de la bâtisse et avancer la trésorerie nécessaire à la préparation de la haute saison.

« Nous avons élargi notre intervention au financement du post-investissement, s’agissant souvent de petits investissements auto-financés par l’entreprise qui déstructurent alors son modèle économique, explique Philippe Dupont. Elle se prive de sa trésorerie et dégrade ses ratios financiers. » Avec à la clé une baisse de la notation chez les assureurs crédit et une diminution du crédit fournisseur. En forme de prêt participatif à 5 ans, le produit d’Isodev inverse le mouvement moyennant un taux d’intérêt d’environ 12 %. Octroyé sans caution ni garantie, il est considéré comme des fonds propres et les banques s’engagent plus facilement.

Nouvelle levée de fonds

Les engagements totaux approchent 50 millions d’euros et Isodev va procéder, au deuxième semestre, à une nouvelle levée de fonds de 150 millions auprès des investisseurs (qui a déjà collecté 70 millions). Les effectifs de 55 personnes devraient passer à 100 collaborateurs d’ici à fin 2015 et la rentabilité est attendue pour 2016. La société a abaissé à 150.000 euros de chiffre d’affaires le plancher de ses interventions, initialement fixé à 250.000 euros. « Nous intervenons aussi en co-financement de la reprise de fonds de commerce, qui représente un véritable mouvement de marché, explique Germain Simoneau, directeur général de la société. Sur ce sujet, nous travaillons en partenariat avec la SIAGI [la société de caution mutuelle pour les entreprises artisanales, NDLR], qui cautionne la banque pour son financement à moyen terme. »

Concepteur d’Isodev, Philippe Dupont, ancien dirigeant du groupe Banque Populaire et de Natixis, est entouré de chefs d’entreprise qui ont misé pas moins de 12 millions au capital d’Isodev. Le système d’analyse des risques autorise un taux de risque programmé à 7 % des fonds prêtés. Et il a encore été réduit, en mai 2013, avec l’engagement du FEI (Fonds européen d’investissement) de contre-garantir les opérations d’Isodev à hauteur de 50 % des pertes financières sur 140 millions d’engagements.

Le risque est aussi maîtrisé grâce à l’approche « B to B », un système qui permet à Isodev de financer 30 % des investissements aux côtés d’établissements financiers.

Les partenariats noués avec les grands réseaux bancaires – BPCE, Crédit du Nord, BNP Paribas, Société Générale et bientôt Crédit Agricole, Crédit Mutuel Arkea – sont à l’origine de 70 % des transactions, les banques étant intéressées par l’amélioration de leur risque comme par l’aspect pratique de cette collaboration.

« Le numéro Siren suffit à interroger notre algorithme sur la faisabilité d’une intervention d’Isodev, sachant que 70 % des demandes de financement ont une réponse sous 48 heures », rappelle Germain Simoneau. Désormais, Isodev intervient aussi souvent aux côtés de Bpifrance – qu’elle investisse en capital ou en garantie de crédit bancaire –, pour compléter un tour de table.Pour accompagner ce développement soutenu, Isodev accélère les collectes de fonds. Les investisseurs interviennent via un FCT (fonds commun de titrisation) et dans la perspective de Solvabilité 2, le véhicule a supprimé tout « tranchage » de ses émissions au passif. Les family offices vont être sollicités ainsi que les fonds de prêts à l’économie. « L’éligibilité des entreprises personnes physiques et des artisans n’est pas prévue par la réglementation sur les fonds de prêts à l’économie et nous espérons faire changer les choses pour pouvoir inclure dans ces véhicules de désintermédiation les financements aux entrepreneurs individuels », indique Philippe Dupont.

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